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Plutôt que le maillot de bain, ce sont des combinaisons que 53 jeunes ont enfilées pour s'initier au graffiti. Sympas aussi, les vacances à Saint-Lô ! Pas plus hauts que trois pommes, ces enfants s'affairent, fourmillent autour d'une malle, où sont entreposées une quarantaine de bombes de peinture. Il ne s'agit pas du décor d'un film de science-fiction, mais d'un atelier de graffiti, organisé par le centre Mersier.
Ces jeunes habitants du quartier du val Saint-Jean, âgés de 5 à 11 ans, apprennent à manier l'art de la rue le temps d'une séance de deux heures trente avec un grapheur professionnel. « Je ne pars pas en vacances qu'en août alors je me suis inscrite, confie Aurore, emmitouflée sous sa combinaison. Je connaissais un peu le graffiti grâce à mon frère mais là, c'est génial que je puisse en faire ! »
« Secoue, secoue ! »
Orchestrée par Poïti, grapheur professionnel, la scène est saisissante. « Secoue, secoue, secoue ! » Encourage l'animateur. Pas facile lorsque la bombe de peinture pèse plus lourd que son bras. « Nous ne sommes qu'au stade de l'initiation. Hier, nous avons dessiné les prénoms sur du papier et aujourd'hui, nous passons sur du grand format. » Organisé les jeudis et vendredis, l'atelier permettra à ces apprentis grapheurs de réaliser un panneau signalétique de près de 3 m pour la Maison du jeu.
« Nous nous sommes rendus compte que la Maison du jeu de l'espace Schweitzer n'était pas indiquée, explique Mylène, animatrice du centre Mersier. Alors nous avons décidé de lier l'utile à l'agréable. » Un acte ludique qui transforme cet art de la rue, souvent considéré comme une nuisance urbaine, en un acte civique.
Ratiba HAMZAOUI.